Vendredi 1 Juillet 2022

Donegal, Pennsylvanie, USA
Mount Pleasant, Pennsylvanie, USA
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21,4
Kilomètres

Jour 26

Ils n’étaient vraiment pas aimables dans ce motel qui se voulait un peu chic. Mais je me suis bien vengée sur le buffet du petit déjeuner inclus. J’ai un stock de jus de fruits, barres de céréales et fruit à en faire éclater Werner ! Mais cela m’a mise de mauvaise humeur. À l’accueil pas un sourire et pas un mot, dans la salle du petit-déjeuner je lance un « Bonjour » joyeux et personne ne me répond. Ça me colle le blues. J’ai envie de rire, de discuter, de communiquer. Je crois que les montagnes commencent à me taper sur le système. J’entame la journée en suivant une autoroute sur la 31 toujours, il y a beaucoup de circulation et bien sûr cela monte ce qui n’arrange pas la sale tête que je dois faire. Le ciel est lourd et la 4 voies pas très sexy. De temps en temps seulement je croise des habitations. Une activité manuelle très appréciée par ici, c’est la peinture de drapeau sur palette. Une ligne bleue en plus c’est pour dire je soutien la police, une rouge pour le courage des pompiers. Et puis arrive une descente incroyable. Ma mauvaise humeur disparaît. C’est comme si je redescendais d’un coup toutes mes montées cumulées depuis 6 ou 7 jours. C’est sans fin, je dois passer sous le niveau de la mer puis sous la croûte terrestre, ce n’est pas possible. Il y a même des montées fabriquées exprès sur les côtés de la route pour les camions qui ne pourraient pas freiner. Arrivée au fond du trou, après une longue ligne droite, je bifurque enfin sur des petites routes. Le ciel se charge très fort et le tonnerre commence à gronder. Au loin je vois de sublimes éclairs. J’habille Werner pour la pluie et quelques minutes plus tard, d’un coup sans préavis, la pluie tombe en trombes. Je n’ai même pas le temps d’enfiler ma cape de pluie je suis trempée. Les éclairs font des flashs de tous les côtés, le tonnerre est puissant et roule sur les montagnes. Je flippe un peu. Je cours me mettre à l’abri sous un espèce de truc électrique dans un jardin privé. Je ruisselle. L’orage est pile au-dessus. La pluie redouble d’intensité, le ciel zébré d’électricité partout. Cela tonne toutes les 10 secondes. Alors j’attends. Je m’assieds par terre et j’attends. Complètement vide. Aucuns neurones connectés. Juste j’attends. Je ne sais pas combien de temps. Alors qu’il ne tombe plus qu’une petite pluie, je reprends la route. Le soleil revient comme la pluie est arrivée. Et là c’est tropical. Il fait 30 degrés humides. Il est même difficile de respirer. Les petites routes de campagne me mènent à nouveau près de l’autoroute. Je croise un cinéma drive in. Puis atterris dans l’une de ces gigantesques zones commerciales. Je consulte la météo, d’autres orages sont annoncés. Je prends un motel là. Il faut patienter pour avoir une chambre alors je vais faire un tour dans un magasin juste à côté, qui vend plein de trucs rigolos. J’y achète (seulement) une nouvelle Thermos, j’avais cassé une des miennes il y a quelques jours. Je reviens à l’hôtel où l’accueil n’était pas non plus très friendly et je lance un « À cause de vous j’ai dépensé de l’argent ! Vous êtes associés avec ce magasin et faites cela à tous vos clients ? » Cela les fait rire et enfin une discussion s’enclenche. Tout le staff vient discuter et rire. On parle de la marche, du gros orage, des campings ridicules de n’accepter que les camping-cars, du rayon laveur voleur, de la fête du 4 juillet qui arrive bientôt, de quand vont enfin finir ces fucking montagnes. On rit beaucoup, cela fait du bien. En fait, il faut provoquer et pousser les discussions pour qu’elles existent. Et avec mon anglais à 2 balles, c’est épique, mais c’est encore plus drôle ! Werner sèche pendant que je prends un bain et dehors le ciel s’épaissit.

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Jeudi 30 Juin 2022

Samedi 2 Juillet 2022

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