Samedi 6 Août 2022

Troy, Illinois, USA
Saint-Louis Downtown, Missouri, USA
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36,2
Kilomètres

Jour 62

Venus ne sait plus quoi faire pour empêcher Psyché d’avancer. Cela devient n’importe quoi, elle envoie trop d’épreuves pour une seule journée. Cette nuit je ne savais pas si j’avais trop chaud ou trop froid. J’ai la gorge en feu. L’air conditionné m’a collé une bonne angine. Ou bien j’ai le Covid. En tout cas c’est désagréable et cela ne me donne pas toutes mes capacités. Et puis aujourd’hui c’était alerte chaleur. Il a fait jusqu’à 37 degrés. La journée commençait bien, après une recharge en eau, je fais connaissance avec ma copine du jour, la 162 West. Elle n’est pas très sympathique. Je suis toujours sur la route de Madison. Ma copine me gonfle, en fouillant mon plan, je vois qu’avec quelques détours, je peux suivre un long moment une voie verte pour les cyclistes. C’est agréable, calme, souvent ombragé, si cela pouvait m’emmener jusqu’à la ville ce serait merveilleux. Un dernier détour me permet de longer un immense lac, mais il faut que je quitte ces petits chemins pour aller trouver le pont qui permet de traverser à pied le Mississippi. Je me réjouis à cette idée depuis ce matin. Mais l’ambiance change radicalement. Je me retrouve dans un site industriel gigantesque. Cela sent très fort l’huile ou le pétrole ou la chimie, et cela fait un bruit épouvantable. C’est juste un cauchemar. Je cuis littéralement. Le soleil tape comme une brute sur le bitume qui pue. Juste après, c’est Madison. Puis Venice. C’est triste et pauvre. La misère totale. Après un long détour, le pont arrive enfin et je passe au-dessus du Mississippi et en même temps, je change d’État, j’arrive au Missouri. J’entre dans Saint-Louis par l’est et tout est horrible. Abandonné. Sec. Personne n’a dû passer par là depuis bien longtemps. Mon gps me perd. Tout est tellement ravagé que les routes n’existent plus. Je suis complètement perdue au milieu d’usines désaffectées. Cela ressemble à Detroit. La seule façon de retrouver ma route est de traverser 2 voies de chemin de fer. Je me lance en tirant bien fort avec mes bras. Mais Werner se coince sur le deuxième rail alors que suis en plein effort. Je tombe de tout mon long sur les cailloux et les barres de fer avec Werner accroché à moi qui se renverse. Notre premier accident américain. Je crois que je n’ai pas eu le temps d’avoir peur. Je me relève surprise d’être entière. Je suis juste égratignée aux genoux, coudes et menton. Et je pense que je vais avoir un gros bleu sous le bras là où le rail a tapé. Mais ça va. Atteindre le centre-ville est une horreur. En plus de la chaleur, c’est la misère totale. Avec au loin le Downtown clinquant des cartes postales avec la grande arche. Je n’ai pas le même point de vue que sur les sites touristiques. Moi au premier plan, j’ai des homeless partout et des ruines pleines d’ordures. J’arrive éreintée et déprimée à ma destination du soir. Un hôtel hors de prix avec vue sur l’arche. Je n’avais pas d’autre choix sur mon chemin. Et là je veux juste me reposer. J’ai marché plus de 8h sans pause et me suis pris un bon gadin. Je veux un bain et un lit. Mais la chambre n’est pas prête. Il y a des dizaines de personnes qui attendent énervées dans le hall. Je m’agace très vite. Les gens de l’accueil sont en plus très désagréables. Il faudra attendre plus d’une heure (il est 16h). Aller dehors pour trouver à manger est comme entrer dans un brasier. Il y a des pauvres gens partout dans le clean centre-ville. Je ne trouve rien d’autre qu’un resto à sandwich. Là aussi j’attends longtemps. Je n’en peux plus. De retour à l’hôtel la chambre est enfin disponible. Je suis cuite. De soleil. De fatigue. D’Amérique. Je contemple l’arche depuis mon lit. Elle est plutôt belle. Elle est censée être la porte de l’ouest. J’ai hâte de quitter cette ville.

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Vendredi 5 Août 2022

Dimanche 7 Août 2022

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