Jeudi 25 Août 2022

Springfield, Missouri, USA
Republic, Missouri, USA
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20,2
Kilomètres

Jour 81

La route du jour était une horreur, mais vous savez quoi, je m’en foutais complètement car j’étais habitée par hier soir. Ce dont je rêvais est arrivé. Une invitation. Un repas. De la bière. Des discussions. De la rigolade. Du bonheur. Après avoir fait mon post hier, je suis sortie dans la cour du Rockwood Motor Court, et sous le patio, 4 personnes discutaient. Dès mon apparition, j’ai été hélée et invitée à me joindre au groupe. Un couple d’allemands qui font la 66 à moto, et Phyllie et Tim qui tiennent le lieu. On se présente, on raconte chacun nos trips. Ma marche vers Nulle part impressionne, on regarde des cartes, on estime mes étapes. Phyllie veut inviter une fanfare pour mon arrivée. C’est elle qui a décoré chaque chambre du motel avec des objets d’époque. Elle adore faire ça, chiner de vieilles merveilles. On s’enflamme sur les Antiques Mall. Phyllie propose que nous mangions tous ensemble. Et nous voici partis en voiture dans la ville direction un resto cubain. Le resto préféré de nos hôtes. Ils nous font goûter plein de plats différents et c’est délicieux (il y avait une carte végane), j’ai plus de mal avec les desserts plein de crème. On trinque joyeusement avec de la bière locale et on refait le monde avec chacun nos accents et nos vocabulaires manquants. J’oublie tout, ma marche, mes galères, mes doutes, les longues étapes à venir. Je suis juste là, comme avec des amis de longue date. Pendant un long moment, on parle juste entre filles. On se marre comme des gamines sur nos ménopauses à grand renforts de gestes et d’onomatopées. C’est du bonheur direct dans les veines. Nos conversations convergent sur le fait que lorsque l’on a la chance (ou que l’on travaille dur pour avoir cette chance) de pouvoir voyager, de voir d’autres cultures et d’échanger, on est moins cons. Les gens les plus racistes sont ceux qui ne sont jamais sortis de chez eux. Le monde serait en meilleur état si le brassage culturel était une généralité. Phyllie et Tim nous invitent généreusement, puis, en rentrant au motel nous montrent les lieux culturels, les bars sympas, les peintures murales de la ville. Arrivés au motel, on se fait des hugs géants. C’était tellement bon. Tellement. Et si simple. Ce matin, quand le réveil a sonné à 5h, je me suis rendormie direct. Pas grave, mon étape était courte aujourd’hui. Lorsque je pars, Phyllie est déjà ailleurs (elle gère aussi un restaurant) et Tim me dit de bien faire attention à moi. Et il me sert très fort dans ses bras. Le hug est une pratique amicale et sincère ici. Je quitte ce lieu délicieux pleine d’énergie. Springfield était le lieu de toutes les convergences. Le trajet du monarque, une artiste qui travaillait avec les outils préférés de mon fils, des rencontres délicieuses, et même le couple allemand qui était de Munich alors que ma grosse marche préparatoire était un Paris - Munich. J’étais juste à ma place. C’est donc chargée de tout cela que je dévore l’atroce ligne droite du jour, la 60 West hyper dense en trafic, qui n’a pour seul intérêt le fait d’avoir de la place à sa gauche pour y marcher en sécurité. Comme mon étape est courte et monotone, j’entre dans un magasin de vêtements juste pour me divertir un peu. Il y a des tonnes de fin de série de toutes marques. Je trouve, toute seule qui m’attendait, une sublime petite veste Levis pour 19 dollars. Même si ma casquette s’envole souvent à cause des camions, je marche heureuse d’hier, heureuse de mon nouveau blouson, heureuse tout court.
Mon motel du soir est l’antithèse du Rockwood, pas un mot, et chambre aseptisée. Pas grave, suis full level energy.

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